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Remise du Prix Louis Cros

A l’Institut de France, le 16 novembre 2009, dans le cadre de sa séance publique annuelle, l’Académie des sciences morales et politiques a décerné le « Prix Louis Cros 2009 » à Céline Labrune Badiane et Bruno Robbes. 

assemblée du prix Louis Cros







Ouverture de la séance publique annuelle de l’Académie des sciences morales et politiques à l’Institut de France. A la tribune, de gauche à droite messieurs Michel Albert, Secrétaire perpétuel de l’Académie, Jean-Claude Casanova, Président de l’Académie et Jean Mesnard, vice-Président.
assemblée du prix Louis Cros
Bruno Robbes et Céline Labrune Badiane
assemblée du prix Louis Cros
Dans la grande bibliothèque de l’Institut de
France, remise du « Prix Louis Cros 2009 »
à Céline Labrune Badiane et Bruno Robbes
par M. Jean-Claude Casanova, Président de
l’Académie des sciences morales et
politiques.
De gauche à droite : Céline Labrune Badiane,
Mme Janine Cros, M. Jean-Claude Casanova
et Bruno Robbes.

photos © Brigitte Eymann-Académie des sciences morales et politiques.

Le point de vue du CUIP sur les travaux
de Céline Labrune-Badiane et Bruno Robbes

La thèse de Céline LABRUNE-BADIANE, « Processus de scolarisation en Casamance. Rythmes et logiques (1860-1960) » soutenue à l’université Paris VIII, porte sur les conditions de mise en place de la politique scolaire des autorités coloniales en Casamance et sur les évolutions qu’elle a engendrées sur place dans divers domaines, politique, culturel, social et économique. L’auteur a choisi d’observer « d’en bas » (village, canton), les transformations qui, dans ces différents secteurs, structurent la dynamique de scolarisation. L’une des originalités du travail de Céline Labrune-Badiane est d’avoir utilisé, outre les sources traditionnelles (archives coloniales et enquêtes orales), les archives scolaires déposées dans les écoles. Elle s’inspire, à cet égard, des méthodes de la sociologie et des sciences de l’éducation.
Elle situe sa problématique dans le cadre général de la relation entre une culture dominante et des cultures régionales. Elle aborde ainsi de front les questions, toujours d’actualité, de la langue d’enseignement, des modèles éducatifs et des rapports entre enseignants et élèves. La qualité de cette thèse est de réaliser un croisement réussi entre l’histoire de l’Afrique, avec la particularité des rapports entre la Casamance et le Sénégal, l’histoire de la colonisation, avec les rôles respectifs de l’Etat et des missionnaires, et l’histoire de l’éducation en général. Le travail de Céline Labrune-Badiane représente certainement une contribution importante à l’historiographie de l’éducation dans l’Afrique coloniale française.

Dans sa thèse en sciences de l’éducation soutenue à Paris X Nanterre et intitulée « Du mythe de l’autorité naturelle à l’autorité éducative de l’enseignant : des savoirs à construire entre représentation et action », Bruno ROBBES s’attaque à un sujet difficile, actuel et complexe. Il a le grand mérite d’aborder ce problème dans une perspective à la fois historique, psychologique, psychosociologique, sociologique, pédagogique, scientifique. Il exprime avec une grande clarté la thèse qu’il soutient : « l’autorité éducative est une relation statutairement asymétrique dans laquelle l’auteur, disposant de savoirs qu’il met en action dans un contexte spécifié, manifeste la volonté d’exercer une influence sur l’autre reconnu comme sujet, en vue d’obtenir de sa part et sans recours à la contrainte physique une reconnaissance qui fait que cette influence lui permet d’être à son tour auteur de lui-même ». Le travail de B.Robbes ébranle le « mythe de l’autorité naturelle » et montre que l’exercice d’une autorité éducative peut s’apprendre, se développer, s’acquérir. Un travail d’observation de situations éducatives, un travail original d’analyse d’interviews tout à fait intéressant, permet d’étayer solidement l’affirmation que l’autorité éducative est « une construction de savoirs ».
On aperçoit toutes les conséquences d’une telle position sur la formation des enseignants.