qu'est-ce que le cuip

Fondé en 1949 par Gustave Monod, directeur général de l’enseignement du second degré, créateur des « classes nouvelles » des lycées, et Louis Cros, inspecteur général de l’administration de l’Education nationale, le CUIP est une association régie par la loi de1901. Louis Cros a dirigé le CUIP de 1945 à 1993.

Les statuts de l’association stipulent qu’elle a pour but « de recueillir tous documents et informations concernant l’enseignement et l’éducation des jeunes et des adultes, de les diffuser ou de contribuer à leur diffusion, notamment auprès des membres de l’enseignement, plus généralement de favoriser toutes activités d’étude et de liaison entre les membres et les usagers de l’enseignement dans le domaine scolaire et post-scolaire ».Les moyens d’action du Comité étaient essentiellement la publication de périodiques et d’ouvrages concernant les réformes scolaires. L’hebdomadaire « L’Education nationale » et l’ouvrage « L’explosion scolaire » ont témoigné de l’ampleur de cette activité. Les abonnements à la revue (totalement indépendante des services officiels) ont constitué les premières ressources de l’association.

Le CUIP a été hébergé par deux organismes : l’Institut Pédagogique National de1950 à 1964 et les CEMEA (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active) de 1964-1982, dont Louis Cros fut, respectivement directeur-fondateur et président. Une étroite collaboration s’était établie entre ces organismes. Elle s’accrût encore, en 1964, avec la création du Comité de liaison pour l’éducation nouvelle.

En 1968, à la suite de l’important Colloque d’Amiens sur la rénovation scolaire, présidée par le Professeur André Lichnerowicz, du Collège de France, la revue «L’Education nationale» (devenue «L’Education») fut transférée à une nouvelle association, présidée par le Professeur Lichnerowicz.

A partir de 1970, le CUIP s’est consacré à des tâches de documentation et d’information liées aux activités du Comité de liaison pour l’éducation nouvelle et des associations poursuivant des buts similaires aux siens (Centres d’entraînement aux méthode d’éducation active, Amis de Sèvres, Amis d’André Berge, Fédération internationale pour l’éducation des parents, etc., notamment sous la forme d’une bibliothèque et d’un service documentaire, d’activités de presse, d’éditions d’ouvrages et d’organisation de débats pédagogiques. C’est ainsi qu’il prit une part très active au Colloque du Comité de liaison pour l’éducation nouvelle, tenu à Arbonne en 1971 et organisé en collaboration avec l’Association d’études pour le développement de la recherche scientifique, dont le Président était M. Cremeiux-Brilhac, directeur de la Documentation française.

Par la suite et sous diverses formes, notamment en élaborant des dossiers pour les rapporteurs, le CUIP, toujours en collaboration avec le Comité de liaison, a apporté sa contribution à des commissions d’études d’importance nationale, par exemple :

  • la Commission Joxe, dite « Commission des Sages » (1972),
  • le Colloque national sur l’éducation (automne 1972),
  • le Colloque de l’Association des chercheurs en didactique (1974)
  • le Colloque du Syndicat national des instituteurs, sur les finalités de l’éducation (1976).

Le Bureau du CUIP (en tant que secrétariat du Comité de liaison pour l’éducation nouvelle) fut l’organisateur de journées d’études et de rencontres pédagogiques, telles que :

  • les réunions des correspondants académiques du CLEN à Vincennes (1971 et 1972)
  • la journée d’éducation nouvelle (1972)
  • les journées de Sèvres (1974 et 1977)
  • la rencontre nationale des mouvements d’éducation nouvelle (1979).

Ces débats, et leur préparation, s’accompagnaient de publications diverses, soit sous forme d’articles ou de communiqués de presse, soit de brochures préparatoires ou de comptes rendus des réunions.

Le CUIP a également fait l’essai d’une diffusion plus ambitieuse : celle d’une sélection de documents, intitulée « La Sélection d’Ariane ». Elle devait permettre de se diriger dans le labyrinthe des questions éducatives. Ont paru sous ce titre :

  • La loi scolaire et l’évolution pédagogique (1976)
  • Pour que l’école se réforme… légiférer ne suffit pas (1977)
  • Sur l’enseignement du français (1977)
  • Objectifs et stratégies scolaires (1977)
  • Lecture, orthographe, grammaire (1978)
  • Les équipes pédagogiques (1979)
  • La mathématique et l’éducation (1980).

Le CUIP a aussi apporté son concours à la publication d’ouvrages, dont les auteurs ont abandonné leurs droits au profit, selon le cas, du CUIP ou du CLEN. Tels ont été :

  • « L’Explosion scolaire » par Louis Cros (1961, réédité en 1962)
  • « L’Ecole nouvelle témoigne », ouvrage collectif sous la direction de Louis Cros, auquel ont collaboré tous les mouvements adhérant au CLEN (1970)
  • « Un pionnier en éducation : Gustave Monod », ouvrage également collectif réalisé, sous la direction de Louis Cros, par les anciens collaborateurs de ce grand pédagogue (1981)
  • « Quelle école pour quel avenir ? », essai de synthèse de Louis Cros (1981).

En 1982, le Comité s’installe dans le XIVème arrondissement de Paris et poursuit ses activités. Il réalise et envoie, à titre gracieux, aux enseignants responsables de mouvements pédagogiques et aux membres de l’enseignement qui en faisaient la demande, des « Extraits de Presse ». Il s’agissait de fascicules d’une trentaine de pages réunissant des extraits d’articles, recueillis dans la grande presse et les publications à caractère pédagogique, de façon à mettre en lumière les points principaux des débats publics sur l’éducation, ainsi que l’essentiel des facteurs sociaux et économiques, des apports des sciences de la vie et de l’homme, de l’évolution des modes de communication, etc. propres à influencer les finalités et les pratiques de l’enseignement. Ces « extraits » étaient souvent accompagnés d’ « analyses bibliographiques », effectuées par les membres du Bureau.

Durant un demi-siècle, les présidents successifs ont veillé au bon fonctionnement du CUIP, sous l’impulsion de Louis Cros, délégué général. Après sa disparition en janvier 2000, Jean Auba, inspecteur général honoraire de l’Education nationale, ancien directeur du Centre international d’études pédagogiques de Sèvres en devient le président.